Non nous n’allons pas parler de la célèbre chanson de Gainsbourg, – remarquez la différence d’orthographe -, mais d’un des premiers chatbots ! Mais vous pouvez en profiter pour l’écouter pour accompagner la lecture de cet article ! Curieusement le premier chatbot a pris la voix d’un thérapeute, totalement désincarnée !

ELIZA, mise en pratique du traitement automatique du langage !

“Le traitement automatique du langage naturel” a pour objectif en mathématiques, informatique et linguistique, de décrire les langages formels. Le langage formel est défini dans un premier temps par un ensemble de règles grammaticales qui peuvent être algébriques. La théorie des langages est un concept qui étudie seulement les aspects syntaxiques d’un langage. Dans la théorie, les problèmes de décisions sont définis comme des langages formels dans les classes de complexité qui sont à leur tour représentées comme des ensembles de langages formels. Cet ensemble peut alors être analysé par des machines ayant des ressources de calcul limitées. En découle alors des grammaires formelles, des expressions rationnelles, des système logiques et de réécriture qui seront interprétés par des ordinateurs de type générique comme des éléments par lesquels il est possible de représenter des entités diverses…C’est un premier pas vers un échange entre l’homme et la machine à travers le langage, celui-ci étant alors capable d’interpréter des séquences mais aussi de les intervertir et de manifester ainsi une forme d’apprentissage.

ELIZA, un psy pas comme les autres !

ELIZA, écrit par Joseph Weizenbaum entre 1964 et 1966, a su profiter d’un contexte particulier pour tromper les observateurs humains. En effet ELIZA simulait un psychothérapeute rogérien (c’est à dire centré sur la personne) en reformulant les affirmations de sont interlocuteurs en questions qu’elle lui posait à son tour. Elle commençait à montrer les failles du test de Turing. Mais l’objectif du test n’est pas une simple incitation à développer des programmes trompant les humains. Turing souhaite réaliser une machine qui rivalise avec l’humain sur plusieurs champs de recherches, mais aussi qu’elle puisse apprendre. Ce qui, on l’a vu, mène à la gestion de l’anthropomorphisme dans l’IA.

L’interaction repose sur notre capacité naturelle à anthropomorphiser cet agent, ce qui rend l’échange ludique rapidement. Ce sentiment pourra être accentuer chez les sujets les plus sensibles.

Parry, un interlocuteur pour ELIZA

Viendra ensuite PARRY qui imite le comportement d’un schizophrène. Il est développé par le psychiatre Kenneth Colby et prend la suite d’ELIZA. Il met en avant la rencontre entre un groupe de 33 psychiatres et la machine, l’objectif étant de deviner quand ils sont face à un vrai patient ou face à PARRY. L’identification correcte se réalise dans 48% des cas. Les chercheurs s’amuseront à mettre PARRY et ELIZA face à face, ce qui amènera à un non sens. Mais qui amusera beaucoup l’équipe de recherche dont on raconte qu’une partie des chercheurs se seraient pris au jeu de l’expérience. Certaines rumeurs concernent même l’attachement des scientifiques à ELIZA …

Ce que l’on en retient …

C’est, qu’on le veuille ou non, la pyramide de Maslow ébauche sous diverses forment nos besoins ! Nous avons besoin d’échanger ! Plus sérieusement, ce qui est intéressant dans la démarche d’un Bot comme thérapeute, c’est la manière dont l’homme va organiser l’échange. Une question que l’on se pose souvent chez les créateurs d’interface homme / machine et de parcours utilisateurs, c’est la manière dont l’humain va s’adapter. Notre objectif est de demander un minimum d’effort d’adaptation. Pourtant l’utilisateur est capable de se prendre au jeu. On le voit avec ELIZA, il existe plusieurs retours de Weizenbaum sur les changements qui ont opérés dans son équipe et en particulier sur sa secrétaire.

Si le parcours est suffisamment innovant et lui offre une interaction ludique, l’usager consentira à faire des efforts. Tout ne repose donc pas sur la performance technique de traitement du langage, mais sur la manière dont on va designer une interaction, un parcours et créer du lien ! Le Bot doit se concevoir comme un outil qui apporte une émotion si l’on veut qu’il puisse s’ancrer durablement !